Rééquilibrage en temps de crise

Avec le coronavirus, nous vivons une nouvelle crise. Une crise majeure qui nous paraît certes inédite en raison de sa nature, de son ampleur et ses effets. Mais au fond, c’est une crise de plus qui accompagne le cheminement de l’humanité qui en a connu tant au cours de son histoire. Et souvent fort dramatiques.

Chaque crise nous bouscule, évidemment, c’est dans sa nature même. Il y a les crises, mais il y a surtout la manière dont nous les vivons, dont nous y réagissons. Elles nous interrogent sur où nous en sommes et sur ce que nous avons appris, ou non, des situations passées. Sur notre capacité à prendre de la hauteur. A comprendre les sources de ces crises pour tenter de mieux y faire face lorsqu’elles se représentent sous une forme toujours différente. 

Bien sûr, la crise sanitaire (et économique) mondiale actuelle est plus qu’une bousculade, c’est un tsunami. Nos esprits y étaient-ils préparés ? Pas sûr du tout.

Voici quelques pistes de réflexion pour poser un regard lucide et apaisé sur cette période singulière qui nous reflète. Et pour un retour rapide à l’équilibre.

Les situations ne se présentent jamais comme on le voudrait : acceptons-les !

Pourquoi les événements devraient-elles s’adapter à nos désirs, à nos préférences ou à nos craintes ? Ce n’est pas ainsi que les choses fonctionnent, et c’est heureux. Tant de frustrations, de colères, de rejets, de peurs proviennent de cette incompréhension.

C’est pourquoi il est préférable d’adopter une attitude « accueillante » vis-à-vis de ce qui nous arrive. Crise ou pas. D’abord pour éviter de gaspiller une énergie qui va s’avérer précieuse pour réagir comme il convient. Autrement dit, garder son calme dans la tempête. On voit bien aujourd’hui l’énergie considérable qu’exige de fait la gestion du virus à tous les niveaux. S’affoler ne règle rien, bien au contraire. L’acceptation (qui ne veut pas dire « résignation », loin s’en faut) est une sagesse dans la gestion de soi et des événements. Une prise de recul salutaire.

Ensuite parce que nous ne pouvons pas lutter contre ce qui est déjà arrivé. C’est dans la réponse à apporter (façon d’être, de gérer nos émotions, d’agir individuellement et collectivement…) que nous pouvons faire la différence. C’est cela, agir dans le présent. Concrètement et utilement.

Ne laissons pas nos angoisses nous diriger

Face à l’inconnu, quelle que soit la forme qu’il prenne, beaucoup de personnes réagissent par l’angoisse. Cette dernière génère une grande agitation intérieure, des comportements erratiques, du jugement, de l’agressivité, du repli sur soi… C’est inutile et funeste. L’intéressé en subit directement les effets, son entourage aussi et au final toute la collectivité !

L’angoisse face à l’inconnu révèle une difficulté à vivre dans l’ici et maintenant. C’est la peur de ne pas pouvoir gérer ce qui est en train de se passer, les conséquences pour la suite, la souffrance qui en découle… Toujours une projection dans le futur !

Observons que l’anxiété liée à ce qui « pourrait » se produire est souvent pire que ce qui se produit réellement, on peut s’y épuiser. Il ne s’agit bien sûr pas d’être inconscient, ni inconséquent, mais de revenir à la raison. L’anticipation est une qualité qui comporte aussi ses effets pervers.

Lorsque ce que nous redoutons se produit effectivement (beaucoup de situations actuelles sont très critiques pour les familles), au moins nous sommes débarrassés de l’anticipation des effets négatifs, remplacée par leur gestion ici et maintenant, très opérationnelle. Il y a alors moins de place pour la peur, l’action prend le dessus. Dans l’action présente, nous vivons ; dans la peur de demain, nous mourrons à petit feu.

Le meilleur remède à l’angoisse est donc parfois de savoir faire abstraction de ce qui s’est produit (le passé) ou de ce qui pourrait se produire (le futur) qui finissent par faire de nous des êtres totalement conditionnés, inquiets de tout. L’expérience, aussi utile voire indispensable soit-elle, ne doit pas devenir un obstacle à la vie et à notre équilibre. Si aujourd’hui n’est pas vécu, demain a-t-il encore la moindre importance ? Prenons conscience de ce qu’il y a de meilleur en nous, exprimons-le à chaque fois que possible et gardons espoir !

Vivre est une prise de risque

Nous devrions nous habituer à cette idée que la vie est une prise de risque quotidienne. Et aussi qu’accepter le risque peut nous apporter beaucoup s’il est bien géré.

Refuser le risque de la vie est la voie royale pour la peur qui est le premier obstacle à notre immunité et plus largement à une existence libérée.

Le risque, bien que parfois réel et nécessitant une certaine prudence, est une notion somme toute relative. Ce sont avant tout notre rapport au risque (état d’esprit), notre niveau de préparation, de résistance et notre capacité d’adaptation qui décident en réalité si nous sommes en danger ou en sécurité.

Apprendre à gérer les risques développe un sentiment d’aisance et de confiance en la vie. A condition bien sûr de ne pas prendre des risques stupides, pour se prouver des choses ou satisfaire son ego. Le risque utile consiste à être capable de sortir de sa zone de confort pour élargir nos capacités et découvrir ce que cela a de magique.

Prendre des risques et avoir une vie équilibrée est non seulement compatible, mais très cohérent. L’un se nourrit de l’autre. Et plus qu’un équilibre statique illusoire, c’est notre capacité au rééquilibrage rapide et efficace qu’il nous faut développer. Être capable de se recentrer physiquement et émotionnellement, de ne pas se laisser emporter par les excès de toutes sortes, d’écouter les signes qui nous alertent lorsqu’il est encore temps. Autrement dit, savoir agir et réagir de manière ad hoc et au bon moment.

Tout chef d’entreprise sait que l’aventure entrepreneuriale est d’emblée une prise de risque. On n’entreprend pas si l’on est réfractaire au risque, cela fait partie du package !

Pour revenir au coronavirus, nous devons accepter qu’il soit entré dans nos vies, cela fait partie des risques. En revanche, les problèmes commencent lorsque l’on ne comprend pas ce qui se passe ni pourquoi. Mais également lorsque l’on ne tire pas les enseignements de la situation afin d’éviter que ses effets se reproduisent à l’identique voire en pire. Nous avons sans doute tous à apprendre de ce qui nous arrive et c’est en soi utile. Ne serait-ce que par respect pour toutes les personnes qui en ont pâti durement.

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