Lorsque nous sommes soumis à la pression, notre premier réflexe est souvent de nous crisper. Nous voulons reprendre le contrôle, résister, argumenter, forcer les choses. Ce réflexe est assez naturel, nous voulons nous protéger. Pourtant, plus nous nous contractons, plus nous perdons notre équilibre.
L’aïkido enseigne une autre voie : celle du recentrage.
Se recentrer, ce n’est pas devenir plus dur. C’est devenir comme l’eau. L’eau n’entre pas en conflit avec le rocher, elle ne le combat pas. Elle l’épouse, le contourne, l’érode parfois, mais ne gaspille jamais son énergie à lui résister.
Dans l’entreprise, les pressions sont nombreuses : objectifs, délais, tensions relationnelles, incertitudes, changements permanents.
La tentation est grande de répondre à chaque pression par davantage de contrôle. Mais le contrôle excessif est souvent une forme déguisée de peur.
L’aïkido nous invite d’abord à revenir à notre centre. « C’est parce que le moyeu est au centre que la roue tourne », écrivait Lao Tseu.
Respirer.
Retrouver un point d’équilibre intérieur (ce qui contribue à nous stabiliser).
Observer ce qui se passe, sans réaction immédiate.
C’est le principe de non-résistance.
La non-résistance n’est ni la passivité ni la résignation.
Elle consiste simplement à ne pas gaspiller son énergie contre une réalité qui existe déjà.
La pression est là. Le changement est là. La difficulté est là.
La première étape n’est pas de les combattre. C’est de les reconnaître lucidement.
À partir de cet espace de calme, il devient possible de choisir notre réponse au lieu de subir notre réaction. Et c’est une vraie marque de leadership que de savoir entretenir cet espace. Car la force d’un dirigeant réside avant tout dans sa capacité à rester centré lorsque la pression augmente.