Équilibre et radicalité : un paradoxe seulement apparent

On dit souvent des dirigeants qu’ils passent leur temps à résoudre des problèmes.
La réalité, c’est que beaucoup d’entre eux passent leur temps à résoudre les CONSÉQUENCES de problèmes qu’ils n’ont jamais traités à la racine.

Ils traitent les symptômes plutôt que les causes.
Ils tentent de réparer les branches quand c’est la racine qui est malade.
C’est une erreur. Et une erreur lourde de conséquences.

Ce qui leur manque n’est pas de l’intelligence. C’est le courage de la RADICALITÉ.

Radical vient du latin « radix » : la racine.
Le mot a mauvaise réputation. Son sens, lui, mérite d’être redécouvert.

Être radical, c’est oser s’attaquer à la « racine » des problèmes.
Oser regarder les choses en face, sans détourner le regard.
Oser poser les vraies questions, même (et surtout) lorsqu’elles fâchent.

Qu’est-ce que nous refusons de voir ?
Quel problème continuons-nous d’éviter depuis des mois ?
Quelle vérité personne n’ose mettre sur la table ?

Ce n’est pas à force de toujours plus de procédures, de contrôle ni de communication de surface que les problèmes se règlent.

Au contraire, ils ne font qu’ajouter de fausses solutions à des problèmes qui, eux, restent bien réels. Comme si l’on repeignait une façade dont les fondations continuent de se fissurer.

Alors, comment devenir « radical » pour pouvoir prétendre régler les problèmes véritables ?
Précisons que ce n’est pas de radicalité dans les opinions qu’il est question ici. Mais, je le répète, de radicalité dans la capacité à traiter les problèmes À LA RACINE.
C’est fondamentalement différent.
Et c’est là qu’équilibre et radicalité se rejoignent.

Car le paradoxe est là : plus un dirigeant est intérieurement équilibré, plus il est en capacité d’être radical.
Parce qu’il n’a plus besoin de prouver, de dominer ou de fuir.
Il agit avec lucidité, justesse et détermination.

La vérité, c’est que non seulement on peut être équilibré et radical à la fois, mais c’est souvent cette alliance qui produit les meilleurs leaders.

Toutefois, la radicalité exige du courage.
Le courage d’affronter.
Le courage de ne pas abandonner en chemin ce qui doit être achevé.
Le courage de ne pas suivre la masse au prétexte que c’est plus confortable.

Affronter les conséquences demande du courage. S’attaquer aux causes en demande davantage encore.

Or, force est de constater que ce courage est rare.
Pourtant, c’est toujours lui qui rend possibles les transformations profondes et durables.

Non, l’équilibre n’est pas l’opposé de la radicalité.
Il en est la BOUSSOLE.

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