Faire perdurer le leadership en entreprise

Un sujet récurrent qui interroge de nombreuses entreprises, leurs dirigeants et leurs collaborateurs, est celui de la continuité du leadership. Et notamment lorsque des changements apparaissent, autrement dit fréquemment !

Que ces changements portent sur l’organisation structurelle, les personnes aux responsabilités, les méthodes de travail ou encore la stratégie, le rapport au marché…, ils interrogent sur la capacité à se maintenir et à se développer au plus haut niveau.

Il y a toujours quelque chose de désolant à observer une entreprise qui a été capable de se propulser en tête et qui finit par se désintégrer… Faute de capacité à s’adapter la plupart du temps. Faute aussi, parfois, d’humilité, une qualité bien utile qui permet de maintenir une certaine vigilance…

Alors à quoi devrions-nous être particulièrement attentifs pour contrecarrer la menace d’une telle descente aux enfers ?

Voyons tout d’abord QUELQUES DANGERS A EVITER :

1. Le danger de la rupture systématique (qui flatte l’égo)

Un nouveau dirigeant arrive, il est très fréquent qu’il veuille tout changer, une manière comme une autre de laisser son empreinte. Oui, mais quelle empreinte ? Et dans quel but ?

Les changements massifs et brutaux déstabilisent les personnes et les organisations, il faut donc s’en méfier. Lorsqu’un nouveau dirigeant arrive, la prudence s’impose pour lui avant de procéder à des transformations. Il doit d’abord savoir écouter, observer, comprendre puis seulement décider après concertation et réflexion de ce qui doit changer et comment. Prendre son temps est un bon investissement et donne du crédit !

2. Le danger de la distanciation (qui déconnecte)

Un autre danger est celui de la distanciation qui se traduit en général par une déconnection brutale ou progressive. Vis-à-vis des équipes et de la réalité du terrain, là où bat le cœur de l’entreprise. Il importe de maintenir le lien, en s’intéressant aux autres, à ce qu’ils font, à la manière dont ils le font, au rapport qu’ils ont avec leur métier, leurs collègues, leur entreprise. Ainsi le lien survit, se renforce et nourrit la confiance. Trop de dirigeants se déconnectent de leur base quand les meilleurs y sont au contraire très attentifs, lui donnant toute l’importance qui lui revient. Cet intérêt doit être démontré régulièrement par des paroles, des gestes, des actes concrets, au risque sinon de créer un gap qu’il sera difficile ensuite de combler. Les managers « froids » sont généralement peu mobilisateurs…

3. Le danger du confort (qui assoupit)

Enfin, il y a danger à se reposer sur ses lauriers qui sont le résultat d’un passé peut-être glorieux mais qui ne suffira pas à assurer l’avenir. La réussite se construit tous les jours, il faut continuer « d’avoir faim », de se réinventer, de se dépasser. Le confort a bien sûr ses bons côtés, nous y aspirons tous, même si à des degrés et moments différents. Mais il peut conduire à une forme d’assoupissement qui nous fait perdre les bons réflexes, ceux qui conduisent peu à peu à l’expression de notre plein potentiel. Donc le confort, oui, mais à condition d’en sortir régulièrement !

Et voyons à présent CE QU’IL IMPORTE DE GARDER EN LIGNE DE MIRE :

1. La dimension émotionnelle du leadership : des hommes et des femmes d’abord

Les êtres humains sont avant tout des êtres émotionnels. Et l’émotion joue un grand rôle dans les décisions que nous prenons et les comportements que nous adoptons.

Tout leader doit garder cela en tête s’il veut faire croître son équipe et son entreprise.

Cela suppose de savoir gérer positivement la manifestation d’émotions négatives telles que la colère ou la peur lorsqu’elles s’expriment, et notamment à l’occasion de changements. Et parallèlement d’encourager l’expression de toute forme de joie et de positivité qui sont des moteurs indispensables de la réussite. Pour cela, toute occasion est bonne à saisir !

La continuité du leadership dépend en grande partie de la sensibilité des successeurs à ce qui a fait la force de leurs prédécesseurs sur le plan humain. Les collaborateurs y sont très attentifs, à juste titre. Et pour cela, la première des qualités est sans doute l’écoute attentive doublée de l’empathie.

2. Ce qu’il faut à tout prix protéger et nourrir

Une entreprise, même si elle est faite de plusieurs entités, gère de nombreux projets différents en même temps, doit pouvoir être identifiée pour ce qui la caractérise D’ABORD. En effet, une entreprise, c’est une culture, un ADN, chacune possède potentiellement ce quelque chose qui en fait un endroit particulier où il fait bon vivre et travailler. Cela ne s’improvise pas mais doit au contraire se construire telle une belle sculpture qui respire l’harmonie. Et le leader joue à la fois un rôle d’inspirateur et de garant dans cette construction.

Puis vient la vision, celle qui nous mobilise au quotidien, nous pousse vers l’avant avec l’énergie de l’espoir de concrétiser de belles choses ensemble. Cette vision doit être claire, inspirante et vivante à tous les niveaux de l’entreprise. Telle une photographie de l’avenir désiré !

Et enfin, le cadre de l’action, avec les règles communes à respecter, que chacun doit parfaitement comprendre. Ce qui suppose que ces règles soit au bon nombre (l’excès joue généralement en la défaveur de leur application), lisibles, cohérentes, acceptables, empreintes de bon sens.

Et en parlant de sens, ce dernier doit transpirer à tous les niveaux de l’organisation. Ce qui n’a pas de sens nous éloigne, de nous, des autres, des objectifs à atteindre. Une entreprise qui veut faire perdurer son leadership doit donc devenir experte en expression du SENS, c’est une condition au sentiment d’appartenance et de fierté qui en découle.

3. Rappeler l’ambition collective : la flamme qui nous réunit

Le dirigeant est d’abord le garant de la flamme collective et ce rôle n’est pas une mince affaire. Elle exige de lui et de l’équipe de direction qui l’entoure une énergie considérable, une intelligence à la fois rationnelle et relationnelle pour bâtir un collectif capable de relever n’importe quel défi.

Donner à tous l’envie de s’investir nécessite de leur donner la place qui leur revient. De les aider à se sentir utiles, contributeurs. De revenir à l’essence des choses avant de se perdre dans une foule de process et dans toutes sortes « d’échappatoires » techniques ou administratifs qui finissent par polluer l’entreprise à force de complexité souvent inutile.

Rappelons-le, une EQUIPE est plus que la somme de ses individualités. Elle émerge à force de se fréquenter, de travailler ENSEMBLE, de se confronter parfois, de s’écouter souvent. Si l’on parle d’un esprit d’équipe, alors n’oublions pas l’ESPRIT, justement, sans lequel rien n’existe ni ne se passe. L’esprit est une énergie en mouvement et lorsqu’il émerge d’un collectif, presque rien ne peut l’arrêter. Donc s’il y a bien une chose à laquelle l’entreprise devrait consacrer du temps et de la réflexion, c’est à la manière de nourrir cet esprit qui crée l’harmonie et mène aux victoires.

Pour voir ou revoir mon article « LEADERSHIP : contribution et développement personnel » : http://www.erichubler.com/leadership-contribution-et-developpement-personnel/

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  1. Bonjour Éric
    La pertinence de ton analyse exprime, simplement, ce qu’on l’on met souvent une vie entière à comprendre
    Bravo et merci
    Bien à toi
    Patrick

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